Le compagnonnage au potager : quelles plantes associer ?
Pourquoi associer les plantes ?
Dans la nature, les plantes ne poussent jamais seules. Elles vivent en communauté, et certaines s'entraident de manière remarquable. Au potager, on peut reproduire ces alliances naturelles pour limiter les maladies, éloigner les ravageurs et améliorer les récoltes — sans aucun produit chimique.
C'est ce qu'on appelle le compagnonnage, et c'est un des secrets les mieux gardés des vieux jardiniers. Mon grand-père me l'a appris, et je te le transmets à mon tour.
Les principes de base
Le compagnonnage fonctionne de plusieurs façons :
- Répulsion des ravageurs — Certaines plantes dégagent des odeurs qui repoussent les insectes nuisibles des voisines. L'œillet d'Inde à côté des tomates éloigne les pucerons et les nématodes.
- Attraction des auxiliaires — Les fleurs attirent les pollinisateurs et les prédateurs naturels des ravageurs. La bourrache attire les abeilles comme un aimant.
- Complémentarité racinaire — Une plante à racines profondes (carotte) s'associe bien avec une à racines superficielles (salade) : elles ne se concurrencent pas.
- Ombrage bénéfique — Les grandes plantes protègent les petites du soleil brûlant. Les haricots à rames font de l'ombre aux salades en été.
Les associations gagnantes
Voici les couples et trios qui marchent à tous les coups :
Tomate + Basilic + Œillet d'Inde
L'association star du potager. Le basilic améliore la saveur des tomates (si, si !) et repousse les mouches blanches. L'œillet d'Inde éloigne les pucerons et assainit le sol.
Carotte + Poireau
Un classique. La carotte repousse la mouche du poireau, et le poireau repousse la mouche de la carotte. Ils se protègent mutuellement.
Courge + Maïs + Haricot (les Trois Sœurs)
L'association ancestrale des Amérindiens. Le maïs sert de tuteur au haricot grimpant, le haricot fixe l'azote dans le sol, et la courge couvre le sol de ses larges feuilles pour limiter les mauvaises herbes et garder l'humidité.
Chou + Céleri + Tomate
Le céleri et la tomate repoussent la piéride du chou (ce fameux papillon blanc dont les chenilles dévorent les feuilles).
Fraisier + Ail + Épinard
L'ail protège les fraisiers des maladies fongiques. L'épinard couvre le sol et garde la fraîcheur.
Pomme de terre + Raifort
Le raifort planté en bout de rang repousse le doryphore. Un vieux truc de grand-père qui fonctionne.
Les associations à éviter
Certaines plantes ne s'entendent pas du tout. Les mettre côte à côte, c'est chercher les ennuis :
- Tomate et Fenouil — Le fenouil inhibe la croissance des tomates. Tiens-le à l'écart de tout le potager, d'ailleurs.
- Haricot et Oignon/Ail — Les alliacées bloquent la fixation d'azote des légumineuses.
- Pomme de terre et Tomate — Même famille (solanacées), mêmes maladies. Le mildiou passe de l'une à l'autre en un clin d'œil.
- Chou et Fraisier — Mauvaise croissance pour les deux.
- Salade et Persil — Le persil fait monter les salades en graines prématurément.
Comment organiser ses planches ?
Mon approche est simple :
- Au centre : le légume principal (tomates, courges…)
- Sur les bordures : les plantes compagnes basses (basilic, salades, radis)
- En bout de rang : les fleurs utiles (œillets d'Inde, capucines, bourrache)
N'hésite pas à mélanger fleurs et légumes. Un potager fleuri est un potager en bonne santé — et c'est joli, en plus.
Le conseil de Papy
Le compagnonnage, c'est pas une science exacte. C'est de l'observation et du bon sens. Essaie des associations, note ce qui marche chez toi, et adapte-toi à ton terrain. Chaque jardin a son caractère.