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Les feuilles du bout des branches se recroquevillent : Les pucerons sont encore là
Pommier

Les feuilles du bout des branches se recroquevillent : Les pucerons sont encore là

7 juillet 2026
|Papy Potager|
9 min de lecture
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Vous passez devant votre pommier un matin de juillet, et quelque chose attire l’œil. Les jeunes pousses du bout des branches ont l’air malades : les feuilles se tordent sur elles-mêmes, les tiges s’incurvent légèrement, et si vous regardez de plus près, vous apercevez une masse verte ou noire qui grouille sous les feuilles. Les pucerons sont là. Encore. Peut-être pour la deuxième ou la troisième fois de la saison.

Ce moment est frustrant, surtout quand on a déjà traité au printemps. La tentation est forte de ressorter le pulvérisateur et d’arroser copieusement l’arbre avec le premier produit à portée de main. Mais agir vite ne signifie pas agir bien. Une colonie de pucerons en été sur un pommier, un cerisier ou un rosier, ce n’est pas une catastrophe annoncée : c’est un déséquilibre temporaire qu’on peut corriger sans tout chambouler.

Ce guide vous explique exactement comment identifier ce qui se passe, à quel moment intervenir, et quelles solutions choisir selon l’ampleur de l’infestation. Pas de recettes magiques, pas de produits miracles : des gestes concrets adaptés à ce que vous avez devant vous dans votre jardin.

Ce qu’on voit souvent sur le terrain, c’est que les jardiniers traitent trop tard ou trop fort. Ils laissent la situation s’aggraver pendant une semaine, puis sortent l’artillerie lourde alors qu’un jet d’eau bien dirigé aurait suffi. À l’inverse, certains paniquent dès les premiers pucerons et trempent leurs arbres dans du savon noir avant même d’avoir évalué l’étendue des dégâts. Ni l’un ni l’autre n’est la bonne réponse.

La clé, c’est l’observation. Puis l’action proportionnée.


Pourquoi les feuilles se recroquevillent sous l’effet des pucerons

Les pucerons ne mangent pas les feuilles au sens propre. Ils les percent. Avec leur stylet buccal, ils transpercent les tissus végétaux pour atteindre la sève élaborée, celle qui circule dans le phloème et transporte les sucres produits par la photosynthèse. Cette ponction répétée provoque une réaction de la plante : les tissus se déforment, les feuilles s’enroulent sur elles-mêmes pour former une sorte de refuge naturel autour des insectes. C’est précisément pour ça que le feuillage se recroqueville.

Ce phénomène porte un nom technique : on parle de galles foliaires, même si dans le cas des pucerons, la déformation reste souvent réversible si on intervient rapidement. Sur un pommier, les coupables habituels sont le puceron cendré (Dysaphis plantaginea) au printemps et le puceron vert (Aphis pomi) en été. Ce dernier prolifère dans la chaleur et peut coloniser les nouvelles pousses en quelques jours seulement.

Ce qui rend le puceron vert particulièrement tenace en été, c’est sa reproduction. Sans fécondation, les femelles produisent des clones vivants toutes les quelques heures. Une colonie peut doubler de taille en 48 heures par temps chaud. C’est pour cette raison que ce qu’on remarque le vendredi comme “quelques pucerons” peut devenir un envahissement visible le lundi suivant.

Astuce : Regardez aussi la présence de fourmis sur le tronc et les branches. Les fourmis “élèvent” les pucerons pour récolter leur miellat. Si vous voyez des fourmis monter et descendre régulièrement de votre arbre, c’est un indicateur fiable qu’une colonie est active en hauteur.


Observer avant d’agir : l’étape que tout le monde saute

Avant de toucher quoi que ce soit, prenez deux minutes pour évaluer l’étendue réelle de l’infestation. Ce que vous voyez depuis le sol n’est jamais le tableau complet.

Examinez les extrémités des branches en vous penchant ou en utilisant un escabeau si nécessaire. Regardez la face inférieure des feuilles recroquevillées, les entre-nœuds des jeunes tiges, et les bourgeons encore fermés. Cherchez trois choses : la densité de la colonie (quelques dizaines de pucerons ou plusieurs centaines), la présence de prédateurs naturels (larves de coccinelles, petites larves grises de chrysopes, syrphes), et les éventuelles traces de miellat, ce dépôt collant et brillant qui s’accompagne souvent d’une fumagine, un champignon noir qui colonise les surfaces sucrées.

Cette évaluation conditionne tout ce qui suit. Une infestation légère sur trois ou quatre pousses d’un arbre adulte ne justifie pas le même niveau d’intervention qu’une colonisation généralisée sur un jeune arbre planté cette année. Un jeune arbre est vulnérable : il n’a pas encore les ressources pour compenser les pertes. Un arbre adulte bien établi, lui, peut tolérer un niveau modéré de pucerons sans que la récolte soit compromise.

Notez mentalement ou par écrit ce que vous avez observé. Non pas pour tenir un journal botanique, mais parce que cette information vous aidera à évaluer si vos interventions fonctionnent dans les jours qui suivent.


Les premières interventions : mécaniques et immédiates

La règle de base, c’est d’utiliser la solution la moins invasive en premier. Sur un pommier de taille raisonnable, on commence toujours par le jet d’eau.

Un jet d’eau puissant, dirigé vers la face inférieure des feuilles et les tiges colonisées, décroche physiquement les pucerons. La plupart ne sont pas capables de remonter sur la plante une fois au sol. Ce n’est pas spectaculaire, ça ne sent rien, ça ne coûte rien, et ça fonctionne remarquablement bien sur les infestations légères à modérées. Faites-le tôt le matin, quand les températures sont encore fraîches, pour éviter les brûlures sur feuillage humide.

Si les feuilles sont très fortement enroulées et forment des sortes de cornets hermétiques, le jet d’eau n’atteindra pas les pucerons à l’intérieur. Dans ce cas, pincez les pousses les plus atteintes entre le pouce et l’index et écrasez-les directement, ou coupez franchement les extrémités les plus colonisées avec un sécateur propre. Jetez ces rognures loin du jardin, ou mettez-les dans un sac fermé : ne les composez pas, vous risqueriez de recycler des œufs ou des larves.

Attention : Ne coupez jamais plus d’un tiers des nouvelles pousses d’un jeune arbre en une seule fois. Cela représenterait un stress supplémentaire à une période où l’arbre a déjà du mal à se défendre. Préférez deux petites interventions espacées de cinq jours.


Les traitements biologiques : purin, savon noir et alliés naturels

Quand le jet d’eau ne suffit pas, ou quand l’infestation est trop dense pour les méthodes mécaniques seules, les traitements biologiques prennent le relais.

Le savon noir dilué dans l’eau reste l’un des traitements les plus efficaces et les moins perturbants pour l’écosystème du jardin. La préparation classique : 2 cuillères à soupe de savon noir liquide pour un litre d’eau tiède, bien mélangé, puis appliqué directement sur les colonies au pulvérisateur. Le savon obstrue les spiracles des insectes (leurs orifices respiratoires) et provoque leur mort par asphyxie en quelques heures. Appliquez le soir pour éviter l’évaporation rapide et les interactions avec le soleil direct.

Le purin d’ortie agit différemment : il ne tue pas les pucerons directement, mais renforce les défenses naturelles de la plante en stimulant sa croissance foliaire et en améliorant sa résistance. Appliquez-le dilué à 10 % (100 ml pour 1 litre d’eau) en arrosage au pied ou en pulvérisation foliaire légère, une fois par semaine pendant les périodes de forte pression.

Parmi les alliés naturels, les coccinelles restent les plus connues, mais les larves de chrysopes sont encore plus voraces. Une seule larve de chrysope peut consommer plusieurs centaines de pucerons avant de se transformer. Favorisez leur présence en installant des hôtels à insectes, en maintenant des zones de plantes sauvages, et en évitant tout traitement chimique qui les éliminerait au passage.

Les larves de coccinelles sont des prédatrices encore plus actives que les adultes : une larve peut consommer plusieurs centaines de pucerons.


Les erreurs qui font durer l’infestation

La première erreur, et de loin la plus répandue, c’est de traiter une seule fois et de penser que c’est réglé. Les pucerons reviennent, souvent en moins d’une semaine si les conditions leur sont favorables. Un traitement efficace nécessite au minimum deux à trois passages espacés de cinq à sept jours pour casser le cycle reproductif.

La deuxième erreur : négliger les fourmis. Tant que les fourmis montent dans l’arbre pour protéger “leurs” pucerons des prédateurs, les traitements restent moins efficaces. Posez une bande gluante autour du tronc (à environ 30 cm du sol) pour bloquer leur accès. C’est simple, peu onéreux, et cela change radicalement l’équilibre des forces.

Troisième erreur courante : sur-traiter avec du savon noir. Ce produit, aussi naturel soit-il, peut brûler le feuillage par temps chaud et détruire les insectes auxiliaires présents sur la plante. Ne dépassez pas deux applications par semaine, et rincez toujours la plante avec de l’eau claire 24 heures après le traitement pour éviter les résidus sur les fruits.

Enfin, beaucoup de jardiniers ignorent que les pucerons peuvent transmettre des virus de plante en plante. Après avoir manipulé des rameaux infestés, lavez vos outils et vos mains avant de toucher d’autres végétaux du jardin. Ce réflexe simple évite des contaminations qui, elles, sont beaucoup plus difficiles à gérer.


Les maladies qui profitent de l'été sur le pommier

Le pommier en plein été subit souvent une pression accrue des pucerons. Ces insectes profitent de la chaleur pour se multiplier rapidement. Un plan importé de surveillance permet d’anticiper les pics d’infestation avant qu’ils ne s’étendent.


Ce qu’il faut avoir sous la main pour intervenir efficacement

Pas besoin d’un arsenal complet. Quelques outils de base suffisent pour gérer la grande majorité des situations.

Voici ce qui mérite vraiment une place dans votre jardin :

  • Un pulvérisateur à pompe de 1 à 2 litres, nettoyé après chaque usage
  • Du savon noir liquide (en bidon, moins cher à l’usage que les petits flacons)
  • Une bande gluante pour troncs (vendue en jardinerie sous le nom “glu arboricole”)
  • Un sécateur propre et bien affûté pour éliminer les pousses très atteintes

Le purin d’ortie peut se préparer soi-même (orties fraîches macérées dans l’eau pendant dix jours) ou s’acheter en concentré prêt à diluer. La version maison est plus économique, mais son odeur au moment de la préparation est franchement difficile à supporter : faites-le dans un coin du jardin éloigné de la terrasse.

Astuce : Notez la date de chaque traitement dans un petit carnet ou une application de jardinage. En fin de saison, vous verrez exactement quelles plantes ont subi le plus de pression et vous pourrez anticiper l’année suivante en posant les bandes gluantes dès le mois d’avril, avant même que les colonies ne s’installent.


Ce que vous pouvez faire dès maintenant

Si vous voyez des feuilles recroquevillées au bout de vos branches aujourd’hui, commencez par le plus simple : sortez le tuyau d’arrosage et réglez la buse sur un jet puissant. Passez sous toutes les pousses atteintes pendant deux à trois minutes. C’est gratuit, rapide, et vous verrez le résultat dès le lendemain matin.

Si l’infestation est déjà bien installée, passez directement au savon noir dilué, appliqué en soirée. Revenez cinq jours après pour évaluer si les colonies ont reculé. Si vous constatez encore des pucerons actifs, recommencez. Trois passages suffisent dans la grande majorité des cas.

Sur le long terme, la vraie solution contre les pucerons, c’est un jardin diversifié. Plus vous avez de plantes différentes, de zones fleuries, d’insectes auxiliaires, moins les infestations durent longtemps. Les pucerons ne disparaissent jamais complètement, et c’est normal. Ce qu’on cherche, c’est un équilibre où leur présence ne compromet ni la santé de l’arbre ni la qualité des récoltes.

Posez votre bande gluante autour du tronc dès cette semaine. C’est le geste le plus concret que vous puissiez faire maintenant pour réduire la pression dans les jours qui viennent, sans attendre que la situation empire.

Pour aller plus loin sur la gestion des maladies qui profitent de l'été, téléchargez notre plan importé adapté au pommier en plein été.

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