
Plantes de bassin : 20 nouvelles fiches entrent au catalogue
Vingt plantes de bassin viennent d'entrer au catalogue de Papy Potager. C'est une catégorie entièrement nouvelle, à côté du potager, du verger et des aromatiques : les plantes qui vivent les pieds dans l'eau, ou carrément sous l'eau.
Si vous avez un bassin, une mare, un abreuvoir en pierre ou même une simple bassine sur la terrasse, cette section est faite pour vous. Et si vous n'en avez pas encore, elle vous donnera une idée assez précise de ce qu'il faut y mettre pour que ça marche du premier coup.
Un bassin, ce sont trois étages de plantes
C'est l'erreur la plus courante chez ceux qui se lancent : acheter trois nénuphars parce que c'est joli, et se retrouver en juin avec une eau vert soupe de pois. Un plan d'eau qui reste clair tout seul, sans filtre ni produit, repose sur trois strates complémentaires. Le catalogue les couvre toutes les trois.
Les oxygénantes immergées sont le moteur biologique du bassin. Elles vivent entièrement sous l'eau et y absorbent les nitrates et les phosphates dont se nourrissent les algues filamenteuses. En clair : elles affament la concurrence. Le myriophylle en épi se plante en panier lesté à 30-80 cm de profondeur, à raison de deux ou trois pieds par mètre carré. Le cornifle nageant est encore plus simple — il n'a pas de racines du tout, on jette les bouquets dans l'eau et ils s'installent seuls. C'est la solution de secours quand l'eau commence à verdir : quelques poignées suffisent souvent à retourner la situation en trois semaines.
Les flottantes ombrent la surface et privent les algues de lumière. Le nénuphar blanc est l'emblème du genre, à planter en panier entre 40 cm et 1 m de profondeur. Deux conditions non négociables : une eau parfaitement calme — il ne fleurira jamais près d'une cascade ou d'un jet d'eau, l'éclaboussure fait pourrir les feuilles — et au moins six heures de soleil direct. Pour les bassins peu profonds, de 20 à 60 cm, le faux nénuphar prend le relais avec ses fleurs jaunes frangées tout l'été.
Les plantes de berge font la transition avec le jardin sec, filtrent l'eau et masquent les bords de bâche. C'est la strate la plus fournie du catalogue, et de loin la plus décorative.
Choisir selon la profondeur
La question qui revient toujours, c'est « à quelle profondeur je la mets ». Voici de quoi vous repérer parmi les nouvelles venues.
Les berges détrempées, sans immersion conviennent à la reine des prés (1,50 m, plumeaux blanc crème très parfumés, la plante à l'origine de l'aspirine), à l'eupatoire chanvrine (1,70 m, corymbes rose mauve en fin d'été, l'une des plus visitées par les papillons), à la salicaire (1,50 m d'épis roses, l'une des meilleures mellifères de France) et à la laîche élevée dorée, une graminée non traçante au feuillage jaune d'or retombant en fontaine.
De 0 à 25 cm d'eau, on installe le populage des marais, première floraison du bassin dès le mois de mars — ne vous inquiétez pas de le voir perdre son feuillage en plein été, c'est son repos normal. L'acore panaché y apporte un feuillage dressé rayé de crème, dont le rhizome froissé sent la mandarine. Le trèfle d'eau y ouvre au printemps des étoiles blanches frangées uniques en leur genre, et le myosotis des marais y déroule de mai à septembre une nappe bleu ciel — l'une des plus longues floraisons du bassin.
De 10 à 40 cm, place aux silhouettes graphiques : la pontédérie et ses épis bleus fleuris de juillet aux premières gelées, le jonc fleuri et ses ombelles roses portées haut sur des tiges nues, la sagittaire et ses feuilles en fer de flèche, qui produit en fin de saison des tubercules comestibles.
Pour les margelles disgracieuses, enfin, la lysimaque nummulaire forme un tapis rampant constellé de jaune en juin, et retombe en cascade sur la pierre.
Ce qu'il faut absolument planter en panier
Quatre de ces vingt plantes sont vigoureuses au point de prendre tout le bassin en deux saisons si on les lâche en pleine vase. L'iris des marais, magnifique avec ses grandes fleurs jaunes, a un rhizome franchement traçant. La menthe aquatique, filtrante et très mellifère, est traçante comme toutes les menthes. La prêle d'eau et ses tiges cannelées parfaitement verticales a des rhizomes tout simplement incontrôlables. Et la massette naine, malgré ses 70 cm — contre 2,50 m pour la massette commune — reste à réserver aux petits volumes.
Pour toutes les quatre, le panier ajouré n'est pas une option de confort, c'est la condition pour ne pas tout refaire dans trois ans.
Deux plantes que vous ne trouverez pas ici
Vous chercherez en vain le myriophylle du Brésil et les élodées dans ce catalogue, alors qu'on les voit encore en jardinerie. Ce n'est pas un oubli : ces espèces sont interdites à la vente et à la plantation dans toute l'Union européenne au titre du règlement 1143/2014 sur les espèces exotiques envahissantes.
C'est pour cette raison que le myriophylle retenu ici est le myriophylle en épi, une des rares oxygénantes réellement indigènes de nos eaux douces. C'est celui qu'il faut demander en jardinerie, et si votre vendeur vous propose l'autre, changez de vendeur.
Comment s'y retrouver sur le site
Chacune de ces vingt plantes a sa fiche complète, avec son calendrier de plantation adapté à votre zone climatique, ses associations conseillées, ses besoins en eau et en soleil, et sa rusticité. Le filtre « Bassin » du catalogue les regroupe toutes.
Le bon moment pour se lancer, c'est maintenant : la plupart de ces plantes se plantent d'avril à septembre, avec un optimum en mai-juin quand l'eau s'est réchauffée. Une exception à retenir — le nénuphar, lui, se plante d'avril à juin, pas au-delà.

